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CAUE 78 - Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Yvelines
Matières à réflexion

Depuis le « parksystem » du paysagiste américain Frédéric Law Olmsted* une pensée en systèmes, réseaux et continuités n’est plus révolutionnaire en matière d’urbanisme. Par le développement de l’écologie, la notion de connectivité des milieux est également connue de longe date. Cette connectivité sous tend une approche spécifique de l’aménagement du territoire, débattue et testée dans certains pays européens depuis plus de quinze ans. En France, l’actualité réside depuis 2012 dans la prise de position de l’Etat sur l’intégration d’une trame verte et bleue (TVB) dans les outils de planification urbaine des communes et intercommunalités. Les deux espoirs majeurs suscités par ces textes sont une avancée en matière de préservation et de restauration de la biodiversité « ordinaire » et l’opportunité offerte aux collectivités locales de mettre en projet le fonctionnement de leurs paysages.

Mais la mise en œuvre d’un cadrage national relayé au plan régional par des schémas de cohérence écologique régionaux (SRCE) - celui de l’Ile-de-France est en phase d’enquête publique - et son articulation avec la réalité communale ne manquent pas de poser un certain nombre de questions. Le financement - l’élaboration d’une trame non virtuelle nécessite en particulier un incompressible travail de terrain - et le portage de la politique de TVB au niveau local, occupent une place centrale dans ce questionnement. L’évaluation et l’adaptation dans le temps viennent ensuite, sans faire oublier des débats plus scientifiques, sur l’argumentation de ce qu’il convient de protéger. Avec, comme pour toutes les politiques de protection, une interrogation sur les effets néfastes des zones protégées sur celles reléguées hors de la protection. Au plan juridique, alors que la « prise en compte » des données écologiques exigée par la loi reste faible, des voix s’élèvent pour attirer l’attention sur la pérennité à long terme de la TVB, ou sur son usage dévoyé comme « réserve foncière locale », expliquent Marie-Pierre Camproux-Duffrène et Marthe Lucas**.
Comme évoqué lors de l’atelier PLU  + à Verneuil-sur-Seine (cf. la rubrique « Retour sur »), l’enjeu supérieur réside dans la contribution de la TVB à un projet de territoire et de « vivre ensemble » concernant tous les êtres vivants. L’exemple de la structure verte de Stockholm, connu depuis plusieurs années, reste éclairant à cet égard, pour les pays latins qui peinent à abandonner une vision antagoniste de la ville et de la nature. Car il s’y manifeste une difficulté à penser la TVB différemment d’un corridor pour la faune et à en saisir toute la polyfonctionnalité potentielle. En Suède, éclairée par les travaux d’Alexander Stahle et Anders Sandberg***, la ville de Stockholm a développé une approche de la biodiversité qui repose sur le soin conjoint du biotope et du « sociotope ».
Par ce dernier terme, les deux chercheurs désignent un espace urbain ouvert fréquenté quotidiennement par les habitants, qu’ils cartographient comme un corridor, en regard d’une analyse détaillée des activités qui s’y déroulent. C’est dans la superposition des deux cartographies naturaliste et sociale que l’arrimage entre la densification urbaine et les aménités proposées par la structure verte trouve toute sa force.


*(1822-1903). Son œuvre la plus célèbre est Central Park à New York.
**dans un article paru en juillet 2012 :« L’ombre portée sur l’avenir de la trame verte et bleue, quelques réflexions juridiques » accessible en ligne à l’adresse suivante : http://developpementdurable.revues.org
***Conseil en environnement, Jean-Pierre Ferrand, a contribué à l’importation de cette méthode en France. On en trouve une présentation dans les actes d’une journée organisées en septembre 2009 par les agences d’urbanisme de Lorient et de Rennes et la Conférence des Villes de Bretagne. http://www.audiar.org


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Matières à réflexion

Depuis le « parksystem » du paysagiste américain Frédéric Law Olmsted* une pensée en systèmes, réseaux et continuités n’est plus révolutionnaire en matière d’urbanisme. Par le développement de l’écologie, la notion de connectivité des milieux est également connue de longe date. Cette connectivité sous tend une approche spécifique de l’aménagement du territoire, débattue et testée dans certains pays européens depuis plus de quinze ans. En France, l’actualité réside depuis 2012 dans la prise de position de l’Etat sur l’intégration d’une trame verte et bleue (TVB) dans les outils de planification urbaine des communes et intercommunalités. Les deux espoirs majeurs suscités par ces textes sont une avancée en matière de préservation et de restauration de la biodiversité « ordinaire » et l’opportunité offerte aux collectivités locales de mettre en projet le fonctionnement de leurs paysages.

Mais la mise en œuvre d’un cadrage national relayé au plan régional par des schémas de cohérence écologique régionaux (SRCE) - celui de l’Ile-de-France est en phase d’enquête publique - et son articulation avec la réalité communale ne manquent pas de poser un certain nombre de questions. Le financement - l’élaboration d’une trame non virtuelle nécessite en particulier un incompressible travail de terrain - et le portage de la politique de TVB au niveau local, occupent une place centrale dans ce questionnement. L’évaluation et l’adaptation dans le temps viennent ensuite, sans faire oublier des débats plus scientifiques, sur l’argumentation de ce qu’il convient de protéger. Avec, comme pour toutes les politiques de protection, une interrogation sur les effets néfastes des zones protégées sur celles reléguées hors de la protection. Au plan juridique, alors que la « prise en compte » des données écologiques exigée par la loi reste faible, des voix s’élèvent pour attirer l’attention sur la pérennité à long terme de la TVB, ou sur son usage dévoyé comme « réserve foncière locale », expliquent Marie-Pierre Camproux-Duffrène et Marthe Lucas**.
Comme évoqué lors de l’atelier PLU  + à Verneuil-sur-Seine (cf. la rubrique « Retour sur »), l’enjeu supérieur réside dans la contribution de la TVB à un projet de territoire et de « vivre ensemble » concernant tous les êtres vivants. L’exemple de la structure verte de Stockholm, connu depuis plusieurs années, reste éclairant à cet égard, pour les pays latins qui peinent à abandonner une vision antagoniste de la ville et de la nature. Car il s’y manifeste une difficulté à penser la TVB différemment d’un corridor pour la faune et à en saisir toute la polyfonctionnalité potentielle. En Suède, éclairée par les travaux d’Alexander Stahle et Anders Sandberg***, la ville de Stockholm a développé une approche de la biodiversité qui repose sur le soin conjoint du biotope et du « sociotope ».
Par ce dernier terme, les deux chercheurs désignent un espace urbain ouvert fréquenté quotidiennement par les habitants, qu’ils cartographient comme un corridor, en regard d’une analyse détaillée des activités qui s’y déroulent. C’est dans la superposition des deux cartographies naturaliste et sociale que l’arrimage entre la densification urbaine et les aménités proposées par la structure verte trouve toute sa force.


*(1822-1903). Son œuvre la plus célèbre est Central Park à New York.
**dans un article paru en juillet 2012 :« L’ombre portée sur l’avenir de la trame verte et bleue, quelques réflexions juridiques » accessible en ligne à l’adresse suivante : http://developpementdurable.revues.org
***Conseil en environnement, Jean-Pierre Ferrand, a contribué à l’importation de cette méthode en France. On en trouve une présentation dans les actes d’une journée organisées en septembre 2009 par les agences d’urbanisme de Lorient et de Rennes et la Conférence des Villes de Bretagne. http://www.audiar.org


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