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CAUE 78 - Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Yvelines
Matières à réflexion

Trois témoins engagés sur le terrain de l’accessibilité ont accepté d’apporter leur éclairage sur différents aspects de la question : regard porté sur le handicap, continuité de parcours, vie au quotidien, progression, sensibilisation, etc.

Le premier témoignage est celui de Florence Colas, qui participe aux réunions du cycle accessibilité du CAUE. Elle répond à nos questions et nous apporte son témoignage sur sa pratique de la ville en fauteuil roulant depuis six ans et demi.

« Le quotidien d’une personne en fauteuil reste trop souvent un enfer  ». L’échéance du 1er janvier 2015 approche, mais elle ne va pas révolutionner le monde, explique Florence Colas, ni le quotidien des handicapés. Or c’est surtout là que les choses se jouent, ou justement ne se jouent pas. Un pot de fleur ou un réverbère sur le trottoir flambant neuf, une place de stationnement peinte en bleue mais pas assez large pour manœuvrer portière et fauteuil, et un trajet devient compliqué, épuisant, voire impossible. L’accès aux toilettes par exemple est un point dont on parle vraiment trop peu, alors que la prévention des problèmes rénaux est essentielle pour tous les blessés médullaires. L’accès reste trop souvent inadapté ou impossible en autonomie. Le rayon de giration d’un fauteuil est entré dans les normes, pas l’implantation et l’aménagement de sanitaires réellement adaptées. »

« La loi a été pensée en faveur d’une autonomie de la personne handicapée, et c’est une bonne chose ». Mais dans beaucoup d’endroits, on se repose sur l’aide qui pourra être apportée à la personne handicapée. « Or, ce n’est pas parce qu’on est en fauteuil, qu’on a envie d’être aidé ! » tonne Florence Colas, pour qui la grande marge de progrès réside du côté des lieux de la vie sociale : aller à la pharmacie, au restaurant, etc. Parmi les raisons invoquées lorsqu’elle fait remarquer un problème, les gérants disent souvent : « Je ferais bien des travaux, mais je ne suis pas propriétaire* » . Ailleurs, un ascenseur est bien mis en place, mais chroniquement en panne.
Le véritable changement n’interviendra pas au 1er janvier 2015. « Comme pour l’emploi d’handicapés dans les entreprises, bon nombre de contrevenants à la loi préféreront sans doute payer des amendes que de se mettre en conformité avec elle ». Pour Florence Colas, les choses mettront des années à bouger sensiblement. Quelle prise en compte de la parole des personnes handicapées se demande-t-on en l’écoutant raconter son invitation à une tribune sur le handicap…inaccessible en fauteuil ? Mais Florence Colas est déjà sur un autre point. Il concerne une salle de cours où elle se rend régulièrement. Elle aime bien y observer les personnes valides franchir le seuil sur la vieille porte finalement obtenue pour résorber le dénivelé donnant accès à la salle, alors qu’elles ont toute latitude pour passer à côté. Pensée pour une minorité, la ville accessible, semble bien l’être pour tous.

Le second témoin, Fabienne Souhami-Gillis, bénéficie d’une vision globale sur l’accessibilité de la ville de Versailles. En transversalité avec plusieurs services, elle développe des missions de conseil et de communication, assure le suivi de projets et de travaux, et anime la commission communale d’accessibilité, comme elle l’a évoqué lors de l’après-midi consacrée à l’accessibilité des commerces.

Elargir et anticiper
« On ne devrait pas parler de handicap ni de personnes handicapées, ce qui ramène la question à un niveau individuel. Je préfère parler d’accessibilité, notion qui concerne tout le monde, et ne stigmatise pas à tort, comme le pictogramme international, les personnes en fauteuil roulant qui représentent moins de 2% de la population. Le handicap visuel, par exemple, qui passe souvent inaperçu, concerne en réalité plus de 4 millions de personnes non voyantes et mal voyantes. Et il faudrait aussi penser aux touristes non francophones, ayant besoin de repères dans la ville. » « Des estimations montrent qu’à Versailles en 2030, plus de 30 % de la population sera âgée de plus de 60 ans : un chiffre qu’il s’agit d’anticiper. Dans la mesure où les générations à venir seront impactées, elles devraient se mettre plus rapidement dans l’esprit de l’accessibilité. »

Sensibiliser et informer
« L’accessibilité n’est pas un domaine reconnu comme l’hygiène ou la sécurité incendie. Manque d’intérêt et manque de connaissances se superposent bien souvent. Et on communique encore très peu sur le sujet (cf. les heures de retransmission télévisuelle des jeux paralympiques). Bien que peu médiatisée (beaucoup moins que le tri sélectif !), l’accessibilité concourt pourtant de façon déterminante à la fabrication d’une ville durable. »
« Elle reste affaire de sensibilisation : des commerçants, des bailleurs, comme des services et professionnels. Car elle coûte de l’argent et ne rapporte rien. En période de crise, seules les grandes enseignes peuvent avancer l’argent et attendre une des rares subventions mobilisables**. »
« La loi, qui existait depuis longtemps mais n’était pas appliquée, est une progression, pas une révolution. Elle va dans le bon sens dans la mesure où elle met l’accent sur la continuité d’un parcours, ce que nous appliquons à Versailles : dès que nous étudions un des 156 bâtiments que possède la ville, nous prenons en compte ses abords, son accessibilité en transport en commun, par la route, à pied, etc. »
« La progression relève à 50% de la technique et à 50% de l’humain. En l’absence de contrôle trop de dispositifs n’existent qu’en théorie : accès aménagé mais tenu fermé, ascenseur qui ne fonctionne pas, etc. Beaucoup de gens ne se sentent pas concernés et la formation des architectes n’intègre pas pleinement cette dimension. »
« La superposition des réglementations reste une vraie question, jamais traitée et de plus en plus complexe. Dans le secteur sauvegardé qui couvre un tiers de la ville, l’accessibilité des commerces rencontre la valorisation du patrimoine et se heurte parfois aux préconisations de l’architecte des Bâtiments de France (ABF  ), s’agissant du remplacement d’emmarchements anciens par une rampe fixe, par exemple. Avec les obligations en matière d’isolation des bâtiments les contraintes pesant sur les projets se multiplient. Et on raisonne trop souvent soit piéton, soit vélo, sans réfléchir à l’articulation des deux modes de déplacement. »

Tester et modéliser
Le plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE) réalisé sur la base du diagnostic de la ville finalisé à 85%, sera prochainement mis en concertation. Dans un esprit de continuité, il propose à partir des 3 gares et du château un parcours de 3km rendant les services administratifs et culturels de la ville accessibles à tous. Les aménagements qui en découleront seront testés, et feront l’objet de fiches techniques, si le résultat est concluant, afin de guider d’autres réalisations. « J’invite toujours mes différents collègues à venir sur le terrain, le seul moyen de bien comprendre les difficultés et de trouver des solutions réellement adaptées » conclut Fabienne Souhami-Gillis.
Virginie Biarnés, psychomotricienne qui avait attiré l’attention du public du Chesnay sur la diversité des formes de handicap, apporte un troisième témoignage. Conseillère municipale de la commune d’Elancourt, elle a été déléguée au handicap de 2008 à 2012. Lorsque le budget de l’accessibilité a été réduit à zéro, elle a choisi de rendre la délégation.

Pour Virginie Biarnès, l’essentiel est de développer une vision globale du handicap et de l’accessibilité. De cesser de « regarder l’accessibilité au travers d’une œillère qui en fait un problème très complexe et coûteux pour un tout petit nombre de destinataires...et d’électeurs. Il concerne, ou peut concerner, tout citoyen. Avec le vieillissement de la population et la diminution des budgets publics, l’accessibilité de la ville représente une facilitation de la vie urbaine pour tous. Et relève d’une anticipation de la gestion de la dépendance, consciente au niveau de l’Etat, mais dont les communes doivent prendre le relai, même si la vie municipale reste scandée par la périodicité électorale de 5 ans. Dans un avenir proche, les villes n’auront plus les moyens de multiplier les maisons de retraite, établissements auxquels tout une part de la population n’aura pas accès. Or l’alternative qu’est le maintien à domicile nécessite une accessibilité des services administratifs, sociaux et médicaux et des commerces. »

« Des pays européens comme l’Espagne ont compris l’intérêt d’une accessibilité généralisée des cœurs de ville, dans lesquels la facilitation du quotidien va de pair avec une réduction de la place faite à la voiture. Cette facilitation impacterait sensiblement l’emploi des personnes handicapées. L’aménagement d’un poste de travail suite à l’accident d’un salarié est une chose que les entreprises de taille conséquente sont prêtes à envisager, si toutefois la personne peut accéder à son lieu de travail. »

Au plan des aménagements les choses sont objectivement compliquées. A Saint Quentin en Yvelines, les efforts communs de la communauté d’agglomération et du STIF (syndicat des transports d’Ile-de-France) ont permis que 50% des bus soient accessibles en fauteuil et équipés d’alertes sonores, mais l’allongement du temps de trajet qui en résulte fait l’objet de réclamations. Et la continuité de parcours évoquée par la loi n’est pas simple à réaliser, si l’on songe à une voirie qui peut relever sur un tronçon de la commune, sur un autre du Conseil général et sur un troisième d’une communauté d’agglomération. En l’absence de normes, une grande diversité d’équipements peut se présenter, obligeant par exemple une personne non voyantes à disposer d’un équipement pour les balises auditives de sa commune, et d’un autre pour la partie de son trajet située sur une commune riveraine. »

« L’amélioration de la prise en compte des handicaps dans la ville passe nécessairement par celle de l’offre de formation, information et sensibilisation, qui doit intégrer une étape concrète de mise en situation corporelle des apprenants, car un parcours urbain en fauteuil ou les yeux bandés instruit plus vite et plus durablement qu’un exposé ou une brochure de sensibilisation. »


* Fabienne Souhami-Gillis (cf. infra) précise sur ce point : « sauf indication spécifique dans le bail, c’est au locataire que revient l’accessibilité d’un local commercial »
** Celle de la ville au titre du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) a pris fin en 2010. Celle du FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées de la fonction publique) concerne les agents en poste et ne permet pas d’anticiper l’accueil d’une personne à mobilité réduite.


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Matières à réflexion

Trois témoins engagés sur le terrain de l’accessibilité ont accepté d’apporter leur éclairage sur différents aspects de la question : regard porté sur le handicap, continuité de parcours, vie au quotidien, progression, sensibilisation, etc.

Le premier témoignage est celui de Florence Colas, qui participe aux réunions du cycle accessibilité du CAUE. Elle répond à nos questions et nous apporte son témoignage sur sa pratique de la ville en fauteuil roulant depuis six ans et demi.

« Le quotidien d’une personne en fauteuil reste trop souvent un enfer  ». L’échéance du 1er janvier 2015 approche, mais elle ne va pas révolutionner le monde, explique Florence Colas, ni le quotidien des handicapés. Or c’est surtout là que les choses se jouent, ou justement ne se jouent pas. Un pot de fleur ou un réverbère sur le trottoir flambant neuf, une place de stationnement peinte en bleue mais pas assez large pour manœuvrer portière et fauteuil, et un trajet devient compliqué, épuisant, voire impossible. L’accès aux toilettes par exemple est un point dont on parle vraiment trop peu, alors que la prévention des problèmes rénaux est essentielle pour tous les blessés médullaires. L’accès reste trop souvent inadapté ou impossible en autonomie. Le rayon de giration d’un fauteuil est entré dans les normes, pas l’implantation et l’aménagement de sanitaires réellement adaptées. »

« La loi a été pensée en faveur d’une autonomie de la personne handicapée, et c’est une bonne chose ». Mais dans beaucoup d’endroits, on se repose sur l’aide qui pourra être apportée à la personne handicapée. « Or, ce n’est pas parce qu’on est en fauteuil, qu’on a envie d’être aidé ! » tonne Florence Colas, pour qui la grande marge de progrès réside du côté des lieux de la vie sociale : aller à la pharmacie, au restaurant, etc. Parmi les raisons invoquées lorsqu’elle fait remarquer un problème, les gérants disent souvent : « Je ferais bien des travaux, mais je ne suis pas propriétaire* » . Ailleurs, un ascenseur est bien mis en place, mais chroniquement en panne.
Le véritable changement n’interviendra pas au 1er janvier 2015. « Comme pour l’emploi d’handicapés dans les entreprises, bon nombre de contrevenants à la loi préféreront sans doute payer des amendes que de se mettre en conformité avec elle ». Pour Florence Colas, les choses mettront des années à bouger sensiblement. Quelle prise en compte de la parole des personnes handicapées se demande-t-on en l’écoutant raconter son invitation à une tribune sur le handicap…inaccessible en fauteuil ? Mais Florence Colas est déjà sur un autre point. Il concerne une salle de cours où elle se rend régulièrement. Elle aime bien y observer les personnes valides franchir le seuil sur la vieille porte finalement obtenue pour résorber le dénivelé donnant accès à la salle, alors qu’elles ont toute latitude pour passer à côté. Pensée pour une minorité, la ville accessible, semble bien l’être pour tous.

Le second témoin, Fabienne Souhami-Gillis, bénéficie d’une vision globale sur l’accessibilité de la ville de Versailles. En transversalité avec plusieurs services, elle développe des missions de conseil et de communication, assure le suivi de projets et de travaux, et anime la commission communale d’accessibilité, comme elle l’a évoqué lors de l’après-midi consacrée à l’accessibilité des commerces.

Elargir et anticiper
« On ne devrait pas parler de handicap ni de personnes handicapées, ce qui ramène la question à un niveau individuel. Je préfère parler d’accessibilité, notion qui concerne tout le monde, et ne stigmatise pas à tort, comme le pictogramme international, les personnes en fauteuil roulant qui représentent moins de 2% de la population. Le handicap visuel, par exemple, qui passe souvent inaperçu, concerne en réalité plus de 4 millions de personnes non voyantes et mal voyantes. Et il faudrait aussi penser aux touristes non francophones, ayant besoin de repères dans la ville. » « Des estimations montrent qu’à Versailles en 2030, plus de 30 % de la population sera âgée de plus de 60 ans : un chiffre qu’il s’agit d’anticiper. Dans la mesure où les générations à venir seront impactées, elles devraient se mettre plus rapidement dans l’esprit de l’accessibilité. »

Sensibiliser et informer
« L’accessibilité n’est pas un domaine reconnu comme l’hygiène ou la sécurité incendie. Manque d’intérêt et manque de connaissances se superposent bien souvent. Et on communique encore très peu sur le sujet (cf. les heures de retransmission télévisuelle des jeux paralympiques). Bien que peu médiatisée (beaucoup moins que le tri sélectif !), l’accessibilité concourt pourtant de façon déterminante à la fabrication d’une ville durable. »
« Elle reste affaire de sensibilisation : des commerçants, des bailleurs, comme des services et professionnels. Car elle coûte de l’argent et ne rapporte rien. En période de crise, seules les grandes enseignes peuvent avancer l’argent et attendre une des rares subventions mobilisables**. »
« La loi, qui existait depuis longtemps mais n’était pas appliquée, est une progression, pas une révolution. Elle va dans le bon sens dans la mesure où elle met l’accent sur la continuité d’un parcours, ce que nous appliquons à Versailles : dès que nous étudions un des 156 bâtiments que possède la ville, nous prenons en compte ses abords, son accessibilité en transport en commun, par la route, à pied, etc. »
« La progression relève à 50% de la technique et à 50% de l’humain. En l’absence de contrôle trop de dispositifs n’existent qu’en théorie : accès aménagé mais tenu fermé, ascenseur qui ne fonctionne pas, etc. Beaucoup de gens ne se sentent pas concernés et la formation des architectes n’intègre pas pleinement cette dimension. »
« La superposition des réglementations reste une vraie question, jamais traitée et de plus en plus complexe. Dans le secteur sauvegardé qui couvre un tiers de la ville, l’accessibilité des commerces rencontre la valorisation du patrimoine et se heurte parfois aux préconisations de l’architecte des Bâtiments de France (ABF  ), s’agissant du remplacement d’emmarchements anciens par une rampe fixe, par exemple. Avec les obligations en matière d’isolation des bâtiments les contraintes pesant sur les projets se multiplient. Et on raisonne trop souvent soit piéton, soit vélo, sans réfléchir à l’articulation des deux modes de déplacement. »

Tester et modéliser
Le plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE) réalisé sur la base du diagnostic de la ville finalisé à 85%, sera prochainement mis en concertation. Dans un esprit de continuité, il propose à partir des 3 gares et du château un parcours de 3km rendant les services administratifs et culturels de la ville accessibles à tous. Les aménagements qui en découleront seront testés, et feront l’objet de fiches techniques, si le résultat est concluant, afin de guider d’autres réalisations. « J’invite toujours mes différents collègues à venir sur le terrain, le seul moyen de bien comprendre les difficultés et de trouver des solutions réellement adaptées » conclut Fabienne Souhami-Gillis.
Virginie Biarnés, psychomotricienne qui avait attiré l’attention du public du Chesnay sur la diversité des formes de handicap, apporte un troisième témoignage. Conseillère municipale de la commune d’Elancourt, elle a été déléguée au handicap de 2008 à 2012. Lorsque le budget de l’accessibilité a été réduit à zéro, elle a choisi de rendre la délégation.

Pour Virginie Biarnès, l’essentiel est de développer une vision globale du handicap et de l’accessibilité. De cesser de « regarder l’accessibilité au travers d’une œillère qui en fait un problème très complexe et coûteux pour un tout petit nombre de destinataires...et d’électeurs. Il concerne, ou peut concerner, tout citoyen. Avec le vieillissement de la population et la diminution des budgets publics, l’accessibilité de la ville représente une facilitation de la vie urbaine pour tous. Et relève d’une anticipation de la gestion de la dépendance, consciente au niveau de l’Etat, mais dont les communes doivent prendre le relai, même si la vie municipale reste scandée par la périodicité électorale de 5 ans. Dans un avenir proche, les villes n’auront plus les moyens de multiplier les maisons de retraite, établissements auxquels tout une part de la population n’aura pas accès. Or l’alternative qu’est le maintien à domicile nécessite une accessibilité des services administratifs, sociaux et médicaux et des commerces. »

« Des pays européens comme l’Espagne ont compris l’intérêt d’une accessibilité généralisée des cœurs de ville, dans lesquels la facilitation du quotidien va de pair avec une réduction de la place faite à la voiture. Cette facilitation impacterait sensiblement l’emploi des personnes handicapées. L’aménagement d’un poste de travail suite à l’accident d’un salarié est une chose que les entreprises de taille conséquente sont prêtes à envisager, si toutefois la personne peut accéder à son lieu de travail. »

Au plan des aménagements les choses sont objectivement compliquées. A Saint Quentin en Yvelines, les efforts communs de la communauté d’agglomération et du STIF (syndicat des transports d’Ile-de-France) ont permis que 50% des bus soient accessibles en fauteuil et équipés d’alertes sonores, mais l’allongement du temps de trajet qui en résulte fait l’objet de réclamations. Et la continuité de parcours évoquée par la loi n’est pas simple à réaliser, si l’on songe à une voirie qui peut relever sur un tronçon de la commune, sur un autre du Conseil général et sur un troisième d’une communauté d’agglomération. En l’absence de normes, une grande diversité d’équipements peut se présenter, obligeant par exemple une personne non voyantes à disposer d’un équipement pour les balises auditives de sa commune, et d’un autre pour la partie de son trajet située sur une commune riveraine. »

« L’amélioration de la prise en compte des handicaps dans la ville passe nécessairement par celle de l’offre de formation, information et sensibilisation, qui doit intégrer une étape concrète de mise en situation corporelle des apprenants, car un parcours urbain en fauteuil ou les yeux bandés instruit plus vite et plus durablement qu’un exposé ou une brochure de sensibilisation. »


* Fabienne Souhami-Gillis (cf. infra) précise sur ce point : « sauf indication spécifique dans le bail, c’est au locataire que revient l’accessibilité d’un local commercial »
** Celle de la ville au titre du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) a pris fin en 2010. Celle du FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées de la fonction publique) concerne les agents en poste et ne permet pas d’anticiper l’accueil d’une personne à mobilité réduite.


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