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CAUE 78 - Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Yvelines
Matières à réflexion

Il serait extraordinaire qu’il y ait un projet pour l’ordinaire

S’agissant de restauration, il n’est pas toujours possible d’engager comme pour le Grand Commun du domaine de Versailles* , une opération exemplaire : exemplaire par l’adéquation entre des besoins programmatiques contemporains, la vocation originelle des lieux et les capacités de transformation de sa structure, exemplaire par la présence aux côtés d’une maîtrise d’ouvrage professionnelle d’une double maitrise d’œuvre reconnue (ACMH et Equerre d’argent), exemplaire par l’engagement financier de l’Etat.
Pour un patrimoine extraordinaire, un contexte extraordinaire a été dessiné. Le projet a trouvé un « supplément d’âme ». Et le patrimoine a gagné une raison d’être et une nouvelle vitalité qui, à n’en pas douter, va « percoler » à travers le territoire domanial et urbain.

S’agissant de construction neuve, un récent article de Françoise Fromonot dans la revue Criticat** pointait l’intérêt d’élargir le regard focalisé sur l’exceptionnel, en l’occurrence la construction du Centre Pompidou de Metz***, pour s’intéresser à la production ordinaire de la ville à la même époque. La réponse des maîtres d’œuvre à ce type de commande non prestigieuse relève pour l’auteur de la gageure, voire de l’exploit. Elle évoque « quelques réussites improbables (qui) viennent rappeler ce qu’il faut d’énergie et de résilience pour parvenir, sans dépassement de budgets, sans délais élastiques, sans consultants de génie et surtout sans maîtres d’ouvrage éclairés – ou qui se prétendent tels - à faire participer l’architecture du paysage commun ». Elle conclut : « Chacune de ces petites victoires sur le cours ordinaire des choses est alors, à proprement parler, extra-ordinaire ».

Il serait intéressant de porter un tel éclairage sur la transformation quotidienne du patrimoine et du paysage ordinaire des communes : celle qui se fait, au coup par coup, de façon diffuse et insidieuse, au gré de demandes et d’opportunités non analysées, via des objets très divers et sur un territoire étendu.
Sur le territoire de la Seine Aval, deux propositions sont déjà expérimentées par Hélène Bouisson aux Mureaux, pour fabriquer une démarche adaptée à ce contexte spécifique de projets. Il s’agit en premier lieu de connaître le patrimoine et le paysage ordinaire par le diagnostic patrimonial urbain et paysager mis en place avec le Service régional Patrimoines et Inventaire. Et en second lieu de connaître finement la nature des demandes et des projets des pétitionnaires par une observation attentive des projets de permis de construire.
Le CAUE alerte également les communes sur la nécessité de formuler et de mettre en œuvre des règles d’urbanisme et des procédures de suivi qualitatives, adaptées à la diversité, à la richesse et à la longue sédimentation des patrimoines bâtis. Mais ce nouveau projet à mettre en place pour accompagner la transformation quotidienne des territoires ne pourra voir le jour sans être soutenu par un engagement fort du politique en faveur de l’ordinaire.

*Un compte-rendu de la visite organisée par le CAUE dans le cadre des Mardis du CAUE est accessible sur le site internet du CAUE
**n° 7/mars 2011
***Confiée à deux grands noms du monde de l’architecture, Shigeru Ban et Jean de Gastines, avec un budget glissant de 24 à 70 millions d’euros

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Matières à réflexion

Il serait extraordinaire qu’il y ait un projet pour l’ordinaire

S’agissant de restauration, il n’est pas toujours possible d’engager comme pour le Grand Commun du domaine de Versailles* , une opération exemplaire : exemplaire par l’adéquation entre des besoins programmatiques contemporains, la vocation originelle des lieux et les capacités de transformation de sa structure, exemplaire par la présence aux côtés d’une maîtrise d’ouvrage professionnelle d’une double maitrise d’œuvre reconnue (ACMH et Equerre d’argent), exemplaire par l’engagement financier de l’Etat.
Pour un patrimoine extraordinaire, un contexte extraordinaire a été dessiné. Le projet a trouvé un « supplément d’âme ». Et le patrimoine a gagné une raison d’être et une nouvelle vitalité qui, à n’en pas douter, va « percoler » à travers le territoire domanial et urbain.

S’agissant de construction neuve, un récent article de Françoise Fromonot dans la revue Criticat** pointait l’intérêt d’élargir le regard focalisé sur l’exceptionnel, en l’occurrence la construction du Centre Pompidou de Metz***, pour s’intéresser à la production ordinaire de la ville à la même époque. La réponse des maîtres d’œuvre à ce type de commande non prestigieuse relève pour l’auteur de la gageure, voire de l’exploit. Elle évoque « quelques réussites improbables (qui) viennent rappeler ce qu’il faut d’énergie et de résilience pour parvenir, sans dépassement de budgets, sans délais élastiques, sans consultants de génie et surtout sans maîtres d’ouvrage éclairés – ou qui se prétendent tels - à faire participer l’architecture du paysage commun ». Elle conclut : « Chacune de ces petites victoires sur le cours ordinaire des choses est alors, à proprement parler, extra-ordinaire ».

Il serait intéressant de porter un tel éclairage sur la transformation quotidienne du patrimoine et du paysage ordinaire des communes : celle qui se fait, au coup par coup, de façon diffuse et insidieuse, au gré de demandes et d’opportunités non analysées, via des objets très divers et sur un territoire étendu.
Sur le territoire de la Seine Aval, deux propositions sont déjà expérimentées par Hélène Bouisson aux Mureaux, pour fabriquer une démarche adaptée à ce contexte spécifique de projets. Il s’agit en premier lieu de connaître le patrimoine et le paysage ordinaire par le diagnostic patrimonial urbain et paysager mis en place avec le Service régional Patrimoines et Inventaire. Et en second lieu de connaître finement la nature des demandes et des projets des pétitionnaires par une observation attentive des projets de permis de construire.
Le CAUE alerte également les communes sur la nécessité de formuler et de mettre en œuvre des règles d’urbanisme et des procédures de suivi qualitatives, adaptées à la diversité, à la richesse et à la longue sédimentation des patrimoines bâtis. Mais ce nouveau projet à mettre en place pour accompagner la transformation quotidienne des territoires ne pourra voir le jour sans être soutenu par un engagement fort du politique en faveur de l’ordinaire.

*Un compte-rendu de la visite organisée par le CAUE dans le cadre des Mardis du CAUE est accessible sur le site internet du CAUE
**n° 7/mars 2011
***Confiée à deux grands noms du monde de l’architecture, Shigeru Ban et Jean de Gastines, avec un budget glissant de 24 à 70 millions d’euros

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